TESTS D'INTELLIGENCE
Destinées à évaluer le niveau d'évolution de l'enfant, elles permettent d'apprécier son rythme de développement, de le situer par rapport à ceux de sa tranche d'âge, et de mesurer ses capacités d'apprentissage. L'idée sous-jacente à ce type de test est donnée par cette phrase de Binet : "Un test particulier, isolé de tout le reste, ne vaut pas grand chose... Ce qui donne une force démonstrative, c'est un faisceau de tests, un ensemble dont on conserve la physionomie moyenne." Elles proposent donc des items hétérogènes dont le résultat est lié au développement de l'enfant. Les plus connues sont l'Echelle Métrique de l'Intelligence de Binet, les échelles de Wechsler (WAIS, WISC et WPPSI), la Kaufman Assesment Battery (K-ABC), et la Nouvelle échelle métrique de l'intelligence (NEMI) de Zazzo.
L'utilisation des mathématiques en psychologie (analyse factorielle et calculs de corrélation) ont conduit les psychologues américains à construire des tests visant à discriminer les composantes de l'intelligence.
Ces facteurs sont à la base des batteries composites destinées à les tester et à combiner les résultats obtenus pour calculer le Quotient Intellectuel.
Les batteries les plus utilisées sont les Progressive Matrice de Raven (PM 38) - tests qui évaluent l'intelligence "fluide" (d'autres mesurent l'intelligence "cristallisée", le facteur de mémoire, la représentation visuo-spatiale, la récupération en mémoire à long terme) - et les Echelles d'aptitudes pour enfants de McCarthy (1977).
Fondés sur la théorie du développement de l'intelligence suivant les stades définis par Piaget. Cette approche est plus "qualitative" que celle des échelles d'intelligence, auxquelles certains psychologues reprochent leur aspect "quantitatif".
Les plus connus sont l'Echelle de Développement de la Pensée Logique (E.P.L) de Piaget et Longeot, l'échelle de Casati et Lézine (1968), l'Utilisation du Nombre (U.D.N et'UDN II ) de Claire Meljac (1980), les Inventaires Piagétiens de Pauli, Nathan, Droz et Grize (1990) et les Tests d'Opérations Formelles (T.O.F), à passation collective, de Longeot.
<> Alexander <>Aufaure et Akchote <> Binet et Simon <> Borel-Maisonny <> Brunet-Lezine <> Kaufman Assesment Battery (K-ABC) <> Kohs <> Koutynikoff <> Longeot <> McCarthy <> Naglieri <> Perron-Borelli <> Raven (Progressive Matrice PM 38) <> Wechsler (W.A.I.S , W.I.S.C, W.P.P.S.I)
- Echelle de performance d'Alexander : de 7 ans à l'âge adulte
Elle mesure l'intelligence pratique (facteur F d'Alexander). Elle comprend trois tests : le Passalong (redisposer des pièces de couleur selon un modèle), test des cubes de Kohs modifié, et test de construction avec cubes. Utilisée au départ pour l'orientation vers l'enseignement technique, elle a trouvé d'autres applications (examen des sourds-muets, orientation et sélection professionnelle, examen des débiles mentaux, complément d'examens d'intelligence).
- Echelle d'aptitudes pour enfants (A.P.S) de L. Aufaure et N. Akchote : de 2 ans-6 mois à 6 ans-6 mois.
Comprend des épreuves de vocabulaire et de motricité étalonnées par périodes de 6 mois.
Construit sur une série d'épreuves (langage, perception sensorielle, motricité, mémoire) permettant d'établir une "échelle d'intelligence" fondée sur la réussite obtenue à chacune d'entre elles par au moins la moitié des enfants d'une classe d'âge.
Dans ce type de test, l'appréciation du degré d'intelligence est fournie par "l'âge mental" permettant de déterminer l'avance ou le retard de l'enfant sur les enfants de son âge.
- Echelle de Brunet-Lezine : de 0 à 5 ans
Créée en 1951 et retravaillée en 1965, basée sur des épreuves créées aux Etat-Unis par Gesell et Buhler, elle mesure un Quotient de Développement, jusqu'à un an par paliers de un mois, et de trois mois ensuite. Prend en compte quatre secteurs de développement : développement postural, coordination oculo-motrice, langage, socialisation.
- Test de Borel-Maisonny : de 18 mois à 5 ans et demi
Basé sur des manipulations d'objets, s'adresse aux bébés présentant un retard de langage.
- Kaufman Assesment Battery (K-ABC) : de 2 ans et 1/2 à 12 ans et 1/2
Conçue en 1983, adaptée en France en 1993, elle est basée sur les travaux de neuro-psychologie de Luria, et sur les apports de la neuro-psychologie. Elle comporte une échelle d'évaluation du traitement séquentiel de l'information, une de son traitement simultané, et une des connaissances du sujet. On trouve un certain nombre de ressemblances entre le contenu des épreuves de cette batterie et la WISC. Le facteur supplémentaire mis en évidence a été interprété, selon les théories mobilisées, soit comme ressources attentionnelles du sujet, soit comme son empan de mémoire de travail.
- Test des cubes de Kohs : de 5 ans à 11 ans
Permet de mesurer l'expression analytique et synthétique de la pensée conceptuelle (intelligence non verbale), tout en mettant en jeu l'aptitude à la structuration spatiale. Les résultats sont très peu affectés par les facteurs culturels, scolaires en particulier.
- Batterie factorielle de Koutynikoff (B.V.K) : de la 6ème à l'âge adulte
Ne comporte que quatre facteurs, mais tient compte de l'âge ainsi que de la classe suivie par le sujet.
- Echelle de développement de la pensée logique de Longeot (E.L.P) : de 8 à 16 ans
Permet de déterminer, parmi les stades de développement qui ont été définis par les travaux de Piaget (stade préopératoire, stade des opérations concrètes, stade opératoire formel), celui auquel se situe l'enfant. Propose cinq épreuves : permutation de jetons (combinatoire), quantification des probabilités, oscillation du pendule (logique), courbes mécaniques (représentation dans l'espace), conservation du poids et du volume.
- Echelles d'aptitudes de McCarthy : de 2 ans 1/2 à 8 ans 1/2
Batterie factorielle composée de 6 échelles : Verbale, Quantitative, Perception, Intelligence générale, Mémoire, Motricité. Permet d'établir un profil en six points.
- Test d'aptitude non-verbale de Naglieri : de 5 ans à 17 ans
Peut être utilisé quels que soient le niveau socio-culturel du sujet et ses compétences verbales. Basé sur le principe des matrices analogiques (voir Matrices de Raven), il fait appel à quatre types différents de raisonnement logique : complément de pattern, raisonnement analogique, raisonnement en série, représentation spatiale. Particulièrement adapté à l'évaluation, en passation collective, d'enfants dont la langue maternelle n'est pas le Français ou pour lequels l'usage de la langue pose problème.
- Echelles différentielles d'efficience intellectuelle (EDEI-R de 1998) de Perron et Borelli : de 3 à 9 ans
Basées sur les recherches de Wallon, de Piaget et de Inhelder, elles réfutent la valeur du Q.I ou de "l'âge mental" comme représentatifs du potentiel intellectuel pour mettre en évidence trois grands domaines de l'intelligence : l'intelligence logique, l'intelligence pratique et sociale, l'intelligence verbale et non-verbale, l'intelligence catégorielle. Elle se compose de tests de vocabulaire, de connaissances, de compréhension sociale, de conceptualisation, de classifications, d'analyse catégorielle, d'adaptation pratique.
- Progressive Matrice de Raven (PM 38) : de 7 ans à 11 ans et 1/2
Construite en 1938 par l'Anglais Raven à partir de la théorie de Spearman, cette batterie de tests mesure une composante essentielle de l'intelligence, la capacité inductive. Celle-ci implique la capacité à donner un sens à un ensemble d'éléments, à établir des systèmes de pensée non verbaux permettant de manier des données complexes.
Elle consiste à compléter des séries de figures géométriques (des matrices) par une figure choisie parmi celles qui sont proposées. Elle vise à mettre en évidence la capacité d'observation du sujet et sa clarté de raisonnement, souvent assimilées au facteur G de Spearman.
> W.I.P.P.S.I : pour jeunes enfants de 3 à 6 ans.
> W.I.S.C : pour enfants et adolescents de 6 ans 4 mois à 16 ans 7 mois et 30 jours
> W.A.I.S : pour adultes
Construites sur les mêmes principes, elles comportent des épreuves "verbales" et des épreuves "de performance". Les moyennes des notes brutes étalonnées de 4 mois en 4 mois permettent, outre le calcul du Q.I, d'obtenir "l'âge mental" du sujet, ce qui donne l'avantage des deux types d'étalonnage, en particulier pour les sujets se situant aux estrêmes.