SURDOUES - INFO
|
MODELE DE LETTRE AUX INSPECTEURS, RECTEURS, DIRECTEURS D'IUFM |
MODELE DE LETTRE A ADRESSER A L'INSPECTEUR D'ACADEMIE avec copie à l'INSPECTEUR DE L'EDUCATION NATIONALE DE LA CIRCONSCRIPTION DE L'ECOLE DE VOTRE ENFANT (pour l'enseignement primaire), ET/OU AU DIRECTEUR DE L'IUFM, ET/OU AU RECTEUR DE VOTRE ACADEMIE (pour l'enseignement secondaire).
N.B : contrairement à une idée répandue, l'Inspecteur d'Académie n'est pas celui qui vient inspecter les enseignants dans les écoles. Celui-ci est l'Inspecteur de l'Education Nationale de la circonscription administrative de l'école. L'Inspecteur d'Académie est responsable d'un département. Depuis la décentralisation, il est Directeur des Services Départementaux d'Education. C'est à lui que votre courrier doit être adressé, avec une copie à l'Inspecteur de circonscription (l'adresse de ce dernier peut vous être donnée par le directeur de l'école, qui a l'obligation de vous la communiquer) et une autre au Directeur de l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de votre région (il peut y en avoir plusieurs par Académie).
Vous pouvez envoyer cette lettre en votre nom propre, mais il peut être aussi intéressant de faire une lettre collective signée par plusieurs parents, par une association de parents d'enfants précoces, par un Conseil de parents d 'élèves affilié à une fédération (FCPE, PEEP ou autre), ou par les représentants des parents élus au Conseil d'Ecole de l'école de votre enfant.
Monsieur l'Inspecteur d'Académie
de ………(siège de l'Académie)
Directeur des Services Départementaux d'Education du …(département)
Copie à : - M. l'Inspecteur de l'Education Nationale
Circonscription de (nom de la circonscription administrative)
Objet : Information des enseignants sur les besoins éducatifs
particuliers des enfants intellectuellement précoces
Monsieur l'Inspecteur,
C'est parce que nous avons confiance dans la capacité d'évolution du service public d'éducation et que nous sommes convaincus de son souci de délivrer à chaque enfant un enseignement conforme à ses besoins que nous nous adressons à vous aujourd'hui.
Le rapport Delaubier, " La scolarisation des élèves intellectuellement précoces ", publié en janvier 2002 par la commission ministérielle chargée d'étudier le problème, proposait neuf axes de travail. Il nous semble qu'à ce jour, deux de ces propositions n'aient pas encore été prises en compte par le service public :
- celle qui arrive en tête de ces recommandations, et qui reconnaît la nécessité, pour les enseignants, de "mieux connaître les élèves intellectuellement précoces ".
- et une autre parmi les neuf, qui recoupe la première en recommandant de " former les enseignants à la diversité ".
Cette deuxième proposition se décompose en quatre points :
- " inclure dans les plans de formation initiale de tous les enseignants un temps de sensibilisation.
- inclure ce point dans un module plus vaste de " formation à la prise en charge de la diversité "
- inscrire cette dimension dans les plans académiques de formation continue
- inscrire la question des enfants à quotient intellectuel élevé dans la formation des enseignants spécialisés (en particulier dans la préparation du CAPSAIS, options D, E et G). "
Le rapport Thélot (octobre 2004) n'a pas manqué de pointer à nouveau la difficulté du système scolaire à prendre en compte l'existence des enfants intellectuellement précoces :
- Dans " Le miroir du débat ", pp. 343, 344, le paragraphe " Le cas des élèves en difficulté " commence par ces mots : " Curieusement, quand le débat parle des élèves en difficulté, c'est d'abord la question des enfants précoces qui est abordée : le manque de structures pour accueillir et accompagner ces enfants en s'adaptant à leurs besoins individuels est évoqué car il semble pour un certain nombre de parents contributeurs qu'il y ait des lacunes particulières en cette matière. "
- Dans le rapport lui-même (" Pour la réussite de tous les élèves "), on trouve p.40, 50, 52, 56, 57, 60 des recommandations allant dans le sens d'une adaptation des enseignements et du temps scolaire aux besoins, aux goûts, aux aptitudes, aux talents et au rythme de progression de chaque élève.
Dans son titre V, la circulaire de préparation de rentrée scolaire 2002 recommandait, en son titre V : " Il convient d'être attentif à la situation des élèves intellectuellement précoces. On pourra ainsi envisager diverses modalités permettant d'adapter leurs parcours scolaires à leur rythme d'apprentissage."
Dans la circulaire de préparation de rentrée 2003, on peut lire, chapitre III " Mieux prendre en compte les publics à besoins éducatifs particuliers "
" Prendre mieux en compte les élèves "intellectuellement précoces " :
A l'école primaire comme au collège, la règlementation offre la possibilité d'adapter le parcours de ces élèves. C'est ainsi que la réduction du temps passé dans un cycle, dès l'école maternelle, doit être envisagée avec plus de facilité qu'actuellement. Ces élèves n'ayant pas toujours des profils de réussite homogènes, la décision prise doit préserver la :motivation scolaire tout en leur permettant de se perfectiooner dans des domaines où ils en ont le plus besoin, voire de combler des lacunes.
Des rojets individualisés, proposant par exemple des temps d'approfondissement et de recherche pourront être élaborés en associant les parents."
Le rapport 2004 de l'Inspection Générale de l'Education Nationale consacre cinq pages (pp.100-104) à ces enfants, qu'il appelle "les oubliés de la difficulté scolaire" et dresse un bilan des rares expériences pédagogiques menées à ce jour dans ce domaine. Il indique, page 102 : "La rareté - jusqu'au printemps 2002 - de la parole officielle sur la précocité intellectuelle en dit long sur le soupçon qui pèse sur la question. .../... A ces réticences manifeste, les inspecteurs généraux donnent "deux raisons essentielles, l'une de nature quasi idéologique (on craint, à tort ou à raison, l'apparition de classes d'élite pour surdoués), l'autre de nature pédagogique (le degré d'exigence intellectuelle des EIP fait peur à des enseignants assis dans leur routine."
La loi d'orientation pour l'avenir de l'école votée par le Parlement le 24 mars 2005, indique (Article 15 ter) :
L'article L. 321-4 du code de l'éducation est ainsi rédigé :
« Des aménagements appropriés sont prévus au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières, afin de leur permettre de développer pleinement leurs potentialités. La scolarité peut être accélérée en fonction du rythme d'apprentissage de l'élève.
« Pour l'application des dispositions du présent article, des établissements scolaires peuvent se regrouper pour proposer des structures d'accueil adaptées. »
Les intentions affichées sont donc louables, et les textes législatifs concrétisent une volonté qui doit maintenant trouver son application la pratique enseignante. Mais il semble que le principal obstacle à la prise en compte des " besoins éducatifs particuliers " de ces enfants, soit le manque de formation (ou, au minimum, d'information) des enseignants dans ce domaine, manque de formation déjà implicitement pointé par le rapport Delaubier.
Quelques initiatives ponctuelles de formation ont été prises à l'échelon local, entre autres par l'AIS de l'Ain à Bourg-en-Bresse ou par l'AIS de Savoie à l'IUFM de Chambéry, mais elles restent pour l'instant anecdotiques. Les Académies de Toulouse et de Clermont-Ferrand ont mené des travaux de recherche ou de vulgarisation dans ce domaine et des organisations pédagogiques adaptées ont été mises en place dans quelques écoles, collèges publics et privés du Rhône avec succès, sans que l'expérience acquise soit plus largement retransmise aux enseignants en formation ou en exercice.
Nous souhaiterions donc qu'un effort soit fait dans ce sens et nous sollicitons de votre haute bienveillance une intervention auprès des IUFM et des Inspecteurs de l'Education Nationale de votre Académie pour que soient incluses, dans la formation initiale et dans la formation continue des enseignants, des séquences consacrées à la connaissance de cette catégorie d'enfants et aux méthodes de gestion pédagogique de l'hétérogénéité, telles que la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant ou la Pratique Personnelle de l'Enfant..
Nous sommes bien conscients de l'effort supplémentaire que cela demandera aux formateurs et aux enseignants qui exercent parfois déjà dans des conditions difficiles, mais rien ne justifie que les " besoins éducatifs particuliers " de cette catégorie d'élèves ne soient pas pris en compte au même titre que ceux des enfants handicapés, des enfants du voyage, ou des enfants primo-arrivants. Nous faisons confiance aux enseignants pour le comprendre quand ils auront été informés des spécificités de ces enfants.
Dans cette attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur l'Inspecteur, nos respectueuses salutations.
![]() |