SURDOUES - INFO
| Surdoués et hyperactivité |
Article du Qotidien du Médecin (23 mai 2005)
" L'hyperactivité de l'enfant et de l'adolescent " par Marie-France LE HEUZEY
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Extrait d'un article de Deirdre V. Lovecky, Ph.D.
(GIFTED RESOURCE CENTER OF NEW ENGLAND)
Consultable dans son intégralité (en anglais) sur http://ericec.org/fact/lovecky.html
Version intégrale traduite en Français sur le site TDA/H Belgique http://www.tdah.be/surtdah.html
Les enfants surdoués avec THADA diffèrent des enfants au QI moyen avec THADA dans les variables cognitives, sociales et émotionnelles.
Dans les tests d'intelligence et de niveau, les enfants surdoués avec THADA, de type mixte, démontrent un degré plus important de variabilité entre et pendant les tests. Ils manquent beaucoup de questions faciles et répondent correctement aux questions beaucoup plus difficiles. Ils présentent un éparpillement des performances plus important, habituellement allant de moyennement à fortement surdoué. De plus, les enfants fortement surdoués (QI de 150+), et particulièrement ceux mathématiquement surdoués, sont tellement experts à se rappeler, utiliser et entendre des nombres que les sous-tests d'arithmétiques et de manipulation des chiffres pourraient recueillir leurs plus hauts scores. Pour ces enfants, l'absence de distractibilité de l'échelle de WISC-III ne mesure tout simplement pas les problèmes qu'ils ont réellement avec des analyses séquentielles. Ainsi, les psychologues qui se fient exclusivement aux tests de Wechsler pour déterminer un profil THADA passeront à côté de beaucoup d'enfants surdoués (Lovecky & Silverman, 1998). L'enfant surdoué et THADA montrera aussi probablement un niveau de fonctionnement plus élevé dans au moins un domaine. En particulier, le raisonnement abstrait est souvent bien développé et en avance par rapport à d'autres niveaux de compétence plus basiques.
Alors qu'ils éprouvent des difficultés dans bon nombre de facultés de travail nécessaires au succès scolaire (prise de notes, soulignement, organisation des idées, compétences à l'écrit), les enfants surdoués avec THADA apprennent souvent plus rapidement que les autres enfants de leur âge. Si on les compare avec des enfants THADA de leur âge, ces enfants surdoués montrent aussi une utilisation plus mûre de stratégies extra-cognitives telles que regroupement par catégorie, utilisation de mécanismes mnémoniques, utilisation de rappel d'une chose pour déclencher le souvenir d'une autre, organisation par modèle ou caractéristiques spatiales.
En comparaison avec d'autres enfants surdoués, les enfants surdoués avec THADA éprouvent de la difficulté à utiliser ces stratégies aussi efficacement. Ils les connaissent ; ils oublient de les utiliser. Quand ils se rappellent d'utiliser ces stratégies, leur travail est exceptionnel. Quand ils oublient, la qualité de leur travail s'effondre. Cela produit cette variabilité constatée à travers les tâches différentes et au cours de jours différents avec les enfants surdoués avec THADA.
Les enfants surdoués avec THADA peuvent également être différents de n'importe quel autre enfant dans le plus grand degré d'asynchronisme qu'ils démontrent (différence dans le degré de développement cognitif, social et émotionnel comparés avec l'âge et le QI). Ils peuvent se conduire de manière moins mûre que leurs camarades du même âge à certains moments, mais de manière plus mûre à d'autres moments, par exemple faire des bruits d'avion à l'école à l'âge de 7 et 8 ans, mais d'un autre côté, avoir des idées avancées sur la manière de jouer à des jeux complexes. Ils peuvent aussi être bien plus émotifs que les enfants de leur âge avec THADA. La sensibilité est un aspect important de la surdouance, et les enfants surdoués avec THADA montrent leur sensibilité dans leur conscience de l'environnement extérieur, état interne et sentiments, identification projective dans les aspects de leurs centres d'intérêt, dans l'empathie et la compassion pour les autres et dans les sentiments passionnés pour les gens et les causes. Lorsque les sentiments sont négatifs, les enfants surdoués avec THADA peuvent être submergés par des inquiétudes qui n'atteindraient jamais un enfant "normal".
Les enfants surdoués avec THADA ont souvent des intérêts plus focalisés que leurs camarades du même âge, et s'adonnent à des activités similaires de manière plus complexes. Ils ont besoin et ils aiment plus la complexité que leurs camarades du même âge, et la recherchent dans leurs activités et leurs intérêts. Ces intérêts peuvent être poursuivis sur une période de plusieurs années et de manière intense. Certains poursuivent également beaucoup d'activités pendant des années, et deviennent compétents dans plusieurs domaines différents.
Les amitiés ont tendance à refléter à la fois la surdouance et le THADA de l'enfant. Ces enfants ont des besoins supérieurs de complexité dans l'amitié, ils veulent partager des intérêts complexes, et ont une compréhension plus avancée des règles, jeux et stratégies que leurs camarades du même âge ; cependant, ils démontrent également des faiblesses dans le comportement social, une mauvaise appréhension des signaux sociaux et manifestent un manque de tact et de compréhension des objectifs et dynamiques de groupe. Souvent, le souci de justice est primordial et reflète la capacité de raisonnement moral avancée de l'enfant surdoué, alors qu'un développement émotionnel immature se révèle dans l'incapacité de l'enfant à agir lors de ces mêmes questions morales. Ainsi, l'enfant insiste à suivre avec impartialité les règles d'un jeu, jusqu'à ce qu'il ou elle commence à perdre. Alors l'impartialité devient moins importante que gagner.
Les enfants surdoués avec THADA diffèrent des autres enfants surdoués
Ces enfants présentent un plus grand degré d'asynchronisme entre les domaines de développement cognitif, social, et émotionnel, et de plus grandes variations dans leur capacité à agir avec maturité. Les déficits cognitifs, en comparaison avec d'autres enfants, se reconnaissent dans une moins bonne capacité de penser de manière séquentielle, d'utiliser adéquatement une mémoire de travail, de résoudre des problèmes en utilisant la globalité, et de raisonner de manière inductive, particulièrement dû au fait qu'ils ont du mal à discerner l'essentiel dans un groupe de données. Les enfants surdoués avec THADA, en comparaison avec d'autres enfants surdoués, terminent moins de tâches, ont tendance à essayer de les parcourir rapidement, changent souvent de sujet en cours de projet, ou prennent un temps anormalement long pour terminer un simple exercice. Ils trouvent particulièrement difficile de travailler en groupes, même en groupes d'enfants surdoués. Les enfants surdoués avec THADA trouvent également moins gratifiant de terminer une tâche que les autres enfants surdoués, c'est-à-dire que pour beaucoup, la récompense intrinsèque d'achèvement n'est pas aussi satisfaisante pour eux. D'un autre côté, quand ils travaillent sur une activité qu'ils ont eux-même choisie, les enfants surdoués, avec ou sans THADA, sont capables de s'y immerger et de travailler pendant de longues heures sans renforcement extérieur. Cette capacité de hyper focaliser, cette immersion (Csikszentmihalyi, 1996) est ce qui rend le travail créatif si satisfaisant pour tant d'enfants surdoués, quels que soient leurs autres problèmes.
En termes de développement social et émotionnel, les enfants surdoués avec THADA ont tendance à démontrer plus de difficultés d'autocontrôle du comportement, moins de capacité à juger les situations en en tirant leurs points essentiels, à prédire les causes et effets de certains comportements et une difficulté à s'empêcher d'agir.
L'évaluation des enfants surdoués doit être faite par des personnes expertes à la fois en surdouance et en THADA
Un mauvais diagnostic du THADA peut survenir de deux manières. Des enfants surdoués très actifs peuvent être considérés comme THADA, et des enfants surdoués qui peuvent se concentrer pendant de longues périodes sur des sujets qui les intéressent peuvent ne pas être considérés THADA, bien qu'ils le soient. Ainsi, la connaissance de ce qu'est la surdouance et ce qu'est le THADA est vitale dans l'évaluation du THADA, et pour s'assurer que les enfants surdoués ne sont pas mal diagnostiqués. Ceci est particulièrement vrai pour ces enfants académiquement mal placés et qui reçoivent peu de stimulation académique (Baum, Olenchak, & Owen, 1998). Pour beaucoup d'enfants surdoués avec un léger THADA, un environnement scolaire stimulant associé à des classes de taille réduite réduira de manière significative les symptômes de THADA (Hartmann, 1996). En fait, pour certains enfants souffrant d'un très léger THADA, la stimulation apportée par une classe spécialisée dans la surdouance peut les aider à organiser leur énergie de manière significative. Ces enfants peuvent utiliser la stimulation de la classe, avec leur propre capacité d'hyper-focalisation, suffisamment bien pour qu'ils puissent atteindre des résultats impressionnants. Beaucoup de ces enfants ont la capacité de réfléchir sur leur propre comportement, chose que les enfants plus gravement atteints de THADA n'ont pas. Cette réflexion peut permettre à des THADA légers et surdoués de compenser dans les domaines où ils sont déficients en utilisant leurs aptitudes THADA à leur avantage.
Il est peu probable que les enfants avec des symptômes de THADA à des degrés de modéré à sévère puissent être suffisamment aidés si la seule intervention est le changement de paramètre scolaire pour mieux correspondre à leurs besoins de stimulation. Le THADA n'est pas seulement un problème scolaire. Il affecte souvent aussi les domaines sociaux et émotionnels. Les enfants peuvent avoir besoin de multiples interventions dans tous ces domaines pour pouvoir mieux fonctionner. C'est particulièrement le cas des enfants surdoués avec THADA dont l'asynchronisme est beaucoup plus important que celui d'autres élèves surdoués, puisque la capacité de répondre à un éventail de situations est diminuée par ce plus grand asynchronisme. Changer l'environnement scolaire est alors nécessaire, mais pas suffisant pour les enfants surdoués avec THADA modéré à sévère. Ce n'est aussi pas suffisant pour satisfaire aux besoins d'enfants même légèrement atteints qui n'ont pas la capacité d'apprendre les mécanismes compensatoires eux-mêmes. Souvent, ces élèves sont ceux dont le THADA sera plus complexe qu'on le pensait dans le passé, avec l'accroissement de la demande académique.
Dans l'évaluation du THADA, les enfants surdoués doivent être comparés à leurs camarades surdoués dans un environnement stimulant, plutôt qu'à des enfants moyens dans des classes normales. Questionnaires et observations des professeurs doivent être considérés dans le contexte scolaire de l'enfant. Ainsi, un profil des forces et des faiblesses doit être élaboré à partir de sources variées, y compris le foyer, l'école, et d'autres activités. Celui-ci doit alors être comparé à la moyenne de ces enfants plutôt qu'à une norme d'âge absolu. Les domaines déficients des enfants surdoués avec THADA peuvent passer inaperçus si seuls les normes d'âge sont utilisées comme mesure de capacité ou d'accomplissement. Ceci s'applique également aux tests de fonctions exécutives, mémoire et processus analytique quand ils sont utilisés pour déterminer les domaines de force et de faiblesse. De plus, l'intelligence ne devrait pas être seulement basée sur les scores de Wechsler. L'utilisation du test de Stanford-Binet LM en supplément devrait être considérée quand deux ou plus sous-tests verbaux de Wechsler sont du niveau SS 17+. L'utilisation du test Stanford-Binet LM de cette manière apporte une meilleure estimation du potentiel intellectuel puisque le test de Wechsler peut avoir un plafond trop bas pour certains enfants surdoués (Silverman & Kearney, 1992). Le test de Stanford-Binet V, lorsqu'il est disponible, apportera une meilleure évaluation des forces et faiblesses des enfants surdoués en général.
l'article de Maureen Neihart (en anglais)
http://ericec.org/digests/e649.html
Extrait de la page http://www.abcottawa.cyberus.ca/resources/reference_docs_f.htm
du site de la Société pour enfants doués et surdoués de l’Ontario Section régionale d’Ottawa
Problèmes possibles pour les enfants surdoués (Cf. Hollingworth, 1923, 1926, 1931, 1936, 1942)
4. Hypersensibilité: Étant donné que les surdoués sont plus sensibles aux stimulus sensoriels et plus perceptifs des rapports entre les choses que d'autres enfants, ils sont plus susceptibles de critiquer les autres et leur propre personne. L'enfant surdoué est plus vulnérable, plus prompt à percevoir des indices verbaux et non verbaux comme un rejet, et on le trouve souvent hyperactif et distrait parce qu'il réagit sans cesse à des stimulus.
RECONNAITRE L'HYPERACTIVITE DE L'ENFANT.
Article de "Valeurs mutualistes" no236 mar./avr. 2005
DES ENFANTS EN SlTUATlON D'ÉCHEC
" Le plus souvent, le diagnostic est fait à l'âge scolaire [6/12 ans]. Mais certains enfants sont repérés dès la maternelle : ce sont les formes les plus sévères ", explique Marie-France Le Heuzey(l), pédopsychiatre à l'hôpital Robert-Debré. Trois types de symptômes caractérisent l'hyperactivité. La difficulté à fixer son attention "est ce qui fait la pathologie du trouble, poursuit le Dr Le Heuzey. Mais ce n'est pas ce qui est repéré en premier". C'est l'hyperactivité - l'enfant est agité, ne reste pas en place - qui indis-pose d'abord parents et professeurs. L'impulsivité - l'enfant coupe la parole des autres et se montre incapable de se contrôler - n'est, pour sa part, pas systématique. Mais comment ne pas confondre un enfant hyperactif avec un enfant simplement turbu-lent ? " Contrairement à un enfant hyperactif, un enfant turbulent n'est pas en souffrance, souligne la pédopsychiatre. Il est bien toléré par ses parents, ses copains, sa maîtresse. L'enfant hyperactif lui, est en échec tant dans sa vie amicale que scolaire ou familiale. "
Avant d'établir le diagnostic, les médecins de l'hôpital Robert-Debré interrogent les parents et les enseignants sur les attitudes de l'enfant. Durant une journée, ils lui font passer une batterie de tests avec des psychologues, neuropsychologues, ortho-phonistes . . . mais aussi rencontrer un instituteur, déjeuner avec d'autres enfants, etc. "Cela permet de voir comment il se comporte. Notre travail est de vérifier que les signes de l'hyperactivité sont réunis, mais aussi qu'il n'y a pas de signes d'autres troubles, comme une dépression ou une anxiété qui entraî-nent eux aussi des troubles de l'attention. "
LE ROLE ESSENT1EL DE L'ECOLE
Poser le diagnostic, informer l'enfant et les parents, est la première étape du traitement. " Cela fait du bien d'expliquer ce qu'est l'hyperactivité, note le Dr Le Heuzey. Car ces enfants étaient jusqu'alors considé-rés comme caractériels, paresseux, mauvais élèves. Il faut que les parents accompagnent bien leur enfant, qu'ils ne le regardent plus comme " un affreux jojo " mais comme un enfant à aider :" La thérapie compor-tementale permet quant à elle de soulager la souffrance de l'enfant. Elle est parfois associée à une thérapie familiale. Eric Page en souligne les bienfaits : " Il est nécessaire que la famille change de comportement vis--à-vis de l'enfant et apprenne à ne pas tomber dans les engrenages qui vont le conduire à exploser : Nous avons dû apprendre à parler, à négocier, au lieu de réagir violemment au moindre pas de travers. Mais le plus important reste la prise en charge à l'école. Nous avons énormément dialogué avec les maîtresses de notre fils. Elles nous ont beaucoup aidés. " Le Dr Le Heuzey confirme le rôle essentiel de l'école et des enseignants. Placer les enfants au premier rang, ne pas leur donner plusieurs consignes en même temps, organiser le travail en petites séquences . . . permet de faciliter les choses. "Gardons en mémoire que dans chaque classe se repère un enfant hyperactif, explique aussi Frédéric Kochman(2), pédopsychiatre au centre médico-psychologique pour enfants à Roubaix. " L'échec scolaire est la conséquence la plus directe de l'hyperactivité avec déficit de l'attention. De même qu'il serait incongru de se fâcher sur l'enfant myope qui a oublié ses lunettes sous prétexte qu'il a mal recopié les notes au tableau, il est important de ne pas considérer l'enfant hyperactif comme perturbateur, provocateur, mais de deviner ; dans certains cas, qu'il est submergé par des parasites sensoriels dont il ne peut faire abstraction, contrairement aux élèves non hyperactifs. "
UNE PATHOLOG1E À CONS1DÉRER AUTREMENT
Dans la prise en charge de l'hyperactivité avec déficit de l'attention, la prescription de méthylphénidate, commercialisé sous le nom de Ritaline@, ne constitue qu'un des outils pour aider l'enfant. "Cette molécule est efficace dans 80% des cas, précise le Dr Le Heuzey. Mais compte tenu de ses effets secondaires ( diminution de l'appétit et parfois trouble du sommeil), le traitement n'est prescrit que pour deux ou trois ans et il est suspendu pendant les vacances scolaires. Chaque année, parents et médecins font le point pour savoir s'il est judicieux de poursuivre le traitement ou non. " La France semble pour l'instant préservée des dérapages, fréquents aux Etats-Unis, de prescription de Ritaline@ à des enfants simplement turbulents. En revanche, pour le Dr Le Heuzey, de trop nombreux médecins sont encore réticents à diagnostiquer ce trouble, n'y voyant que les effets d'une " mauvaise éducation ". C'est bien pour modifier le regard porté sur l'hyperactivité qu'Eric Page a fait réaliser un documentaire intitulé Des enfants agités(3) : "Un jour, la Conseillère principale d'éducation du collège de Lorris nous a dit : " Ecoutez, je sais ce qu'est l'hyperactivité ; je ne vous demande qu'une chose : dites à Lorris de rester tranquille et tout ira bien..." L'objectif du documentaire est donc de montrer quelle est la vraie difficulté de ces enfants atteints de déficit d'attention, condamnés à devenir des cancres ou des enfants rejetés. Mais aussi le parcours du combattant de parents qui n'imaginaient pas un instant être soumis à ce genre de problème. "
Katia Vilarasau
(1) Auteur de L'enfant hyperactif, Odile Jacob, 2003.
(2) Auteur de Mieux vivre avec un enfant hyperactif, Arnaud Franel, 2003.
(3) par Bruno Aguila, avec la participation de France 5, Image'In Production.
ENTRETIEN AVEC Frédéric KOCHMAN, psychiatre au centre médico-psychologique pour enfants de Roubaix
Article paru dans " Valeurs mutualistes " n° 236 mar./avr. 2005
"APPLIQUER UNE FERMETE BIENVEILLANTE"
Valeurs mutualistes : Comment agir avec un enfant hyperactif au quotidien ?
Frédéric Kouchan : L'enfant hyperactif présente à la fois une hyperactivité motrice et de grandes diffi-cultés de concentration sur les tâches quotidiennes, notamment scolaires. Il est "monotâche" : autrement dit, il ne peut mener à bien correctement qu'une seule activité physique ou intellectuelle à la fois. S'il observe son copain qui dessine, il ne pourra pas dans le même temps écouter son institutrice. En pratique, il convient donc de s'assurer que l'enfant n'est pas dans un environnement saturé en stimuli sensoriels. Dans l'idéal, il doit faire ses devoirs dans un endroit calme, presque spartiate, car le moindre taille-crayon ou l'élastique retrouvé sur un coin du bureau sera prétexte à un "lâcher prise" des devoirs.
V.M. : Comment désamorcer les " crises " entre enfants et parents ?
F.K. : Nous sommes les modèles permanents de nos enfants, qui sont fascinés - sans que nous nous en rendions compte - par nos gestes et nos façons de réagir propres à chaque situation. En ce sens, s'ils nous voient réagir avec emportement, précipitation, agressivité, ils auront nécessairement tendance à imi-ter nos attitudes. Efforçons-nous donc d'agir dans la mesure du possible avec calme, discernement et sérénité.
V.M. : Quelles sont les autres erreurs à éviter ?
F.K. : Le risque que je repère souvent chez les parents est de trop focaliser sur l'hyperactivité de leur enfant en assouplissant tous les cadres éducatifs pourtant nécessaires à sa structuration et à son développement. "Ce n'est pas de sa faute, on le laisse faire parce qu'il est hyperactif " A la maison comme à l'école, il convient au contraire d'appliquer une grande fermeté bienveillante, c'est-à-dire une éducation imprégnée d'amour, de valorisation, mais dans des cadres fermes et précis.
V.M. : Quels principes éducatifs conseiller ?
F.K. : Lorsque nos enfants sont sages, calmes, nous en profitons pour nous reposer, vaquer à nos occu-pations. Lorsqu'ils font des bêtises, provoquent, titillent leurs frères et soeurs, nous sommes alors obligés d'intervenir pour les séparer, les gronder, etc. Autrement dit, plus ils adoptent un comporte-ment perturbateur, plus nous nous occupons d'eux : nous les incitons ainsi inconsciemment à renforcer ce type de conduite. Soyons donc toujours vigilants et passons beaucoup de temps avec eux quand tout va bien et le moins de temps possible lorsque leur comportement est inadapté.
Valorisons les comportements positifs, les efforts de concentration : nous avons toujours le réflexe de gronder nos enfants lorsqu'ils commettent des bêti-ses ; en revanche, nous ne pensons pas toujours à les. féliciter lorsqu'ils progressent dans leur capacité d'attention, de contrôle de leurs gestes et de leur comportement. Il est primordial d'être attentif aux efforts déployés par l'enfant, qui sont d'autant plus méritoires du fait de son hyperactivité.
Consacrez du temps à votre enfant. Au cours de ce "temps spécial", de 20 à 30 minutes par jour, vous allez faire ensemble une ou des activités choisies par lui, procurant du plaisir. Pas d'activités passives et impliquant l'inertie, du type télévision ou jeux vidéos. Quoi qu'il arrive, ne vous fâchez pas, restez zen. Valorisez votre enfant en laissant parler vos émo-tions : " Tu sais, je suis très fier( e) de toi, j'adore passer ces moments avec toi. " Faites-le participer et exprimer ses émotions. Terminez ce "temps spécial" en résumant ce moment et en valorisant votre enfant : " Tu vois, on a pu jouer ensemble calmement, tu fais des progrès énormes : je suis ravi(e). "
Propos recueillis par Katia Vilarasau
Des livres sur l'hyperactivité