SURDOUES - INFO


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 Les autistes de haut niveau

Temple Grandin déclarait : « Si par magie l’autisme avait été éradiqué de la surface terrestre, les hommes seraient encore groupés pour bavarder devant un feu de bois à l’entrée d’une caverne ».

Biographie de Temple Grandin

(Extrait du site http://perso.wanadoo.fr/sesame.autisme44/autisme/sciencesh/page6.htm)

Temple Grandin est née en 1948. alors que le syndrome d'autisme venait à peine d'être identifié. Ses parents avaient bien vu qu'elle se raidissait, à six mois, quand on la prenait. Mais ce n'est que lorsqu'elle eut 3 ans - ne parlant toujours pas - qu'ils s'inquiétèrent. Elle s'absorbait des heures dans des jeux tels que tourner sur elle-même. Elle barbouillait sa chambre de selles et piquait de terribles colères. Une orthophoniste lui apprend à parler. Elle entre à l'école, où on remarque sa créativité, mais où ses camarades se moquent de sa façon de parier; puis au collège, d'où elle est renvoyée: malgré son QI de 137, elle est nulle en français et en maths...

Ses parents la mettent alors dans une école privée. D'abord, l'échec est total, et son père envisage de la placer dans une institution pour enfants retardés. Deux professeurs s'intéressent à elle, et elle découvre des moyens de surmonter ses crises d'angoisse. Elle parvient alors à terminer ses études secondaires, et on l'accepte dans une petite université, où elle se spécialise en sciences animales.

Temple Grandin est devenue un expert, de renommée mondiale, en conception d'équipements pour le bétail, et professeur à l'université du Colorado.

Deux ouvrages autobiographiques ont été traduits en France : Ma vie d'autiste et Penser en Images (Odile Jacob, 1994 et 1997).


" Des génies d'un autre monde "

article de Hervé Ratel extrait du dossier " Syndrome d'Asperger : un autisme aux frontières de la normalité " du n°679 de " Sciences et avenir " (septembre 2003)

Un zeste d'autisme permet-il à des individus d'accéder à une originalité et à une capacité de réflexion hors norme ? Certains génies seraient des Asperger.

Aux yeux du grand public, l'autiste emblématique par excellence est Rain Man, interprété un écran par de Dustin Hoffman, cet idiot savant de dodelinant capable de réciter d'un trait le contenu du Bottin ou de calculer dans la seconde que le 25 décembre 1856 était un mardi. Et Einstein, vous y avez pensé ? Sacrilège ! Personne n'oserait dire de celui qui a bouleversé le visage de la physique moderne qu'il pourrait avoir un quelconque rapport avec un attardé mental paniqué à l'idée de porter un autre sous-vêtement que son slip fétiche... Personne, sauf un autre autiste. C'est Temple Grandin qui a soulevé ce lièvre de taille. L'auteur de " Ma vie d'autiste " et de " Penser en images ", elle-même autistes surdouée, se passionne pour les génies autistes. Selon le principe " qui se ressemblent se reconnaît " elle a été la première à noter que l'inventeur de la relativité présentait quantité de signes relatifs au syndrome d'Asperger : le grand homme n'a pas parlé avant l'âge de quatre ans. Ses résultats scolaires étaient médiocres et sa pensée n'a jamais procédé par mots mais par images fulgurantes illuminées de symboles mathématiques originaux. Se souciant peu des subtilités sociales, Einstein s'habillait et à la mode autiste : à savoir n'importe comment du moment que c'est confortable... Et, pourquoi pas, la manifestation la plus retentissante de son excentricité autistique pourrait bien être cette langue qu'il a tirée un jour malicieusement devant l'objectif d'un photographe. Du reste, la famille du grand homme compte de nombreux autistes, le fils de sa petite cousine étant le dernier exemple en date. " Le génie est sans doute une âme normalité, indique Temple Grandin. Si l'on supprimait les gènes qui sont à l'origine de l'autisme, le monde appartiendrait au conformisme ennuyeux sans pensée originale.".

Bien évidemment, tous les génies ne sont pas des Asperger et les Asperger géniaux ne constituent qu'une minorité. Il n'empêche, depuis Einstein, quantité de noms sont venus enrichir la liste : Thomas Edison, Van Gogh, Gustav Mahler, Andy Warhol, avec son regard fuyant et son art de la répétition. Alfred Hitchcock est un autre possible Asperger : jeune, il avait la marotte des locomotives, engrangeant toutes les informations possibles sur le chemin de fer britannique... Le père d'Ubu, Alfred Jarry, parlait d'une voix monocorde métallique avait un sens de l'humour bizarre. Caractéristique qu'il partageait d'ailleurs avec Erik Satie.

Franz Kafka, Bob Dylan, Lawrence d'Arabie, l'acteur de Matrix Keanu Reeves, Woody Allen ou encore Bill Gates sont tous suspectés d'avoir des troubles autistiques. Comme les adultes autistes, le fondateur de Microsoft se balance sur sa chaise lorsqu'il réfléchit, évite le contact oculaire et manifeste une paranoïa excessive pour des choses futiles. Daniel Ichbiah, son biographe officiel français, est surpris par cette association : " Moi, je le trouve diaboliquement normal." Pourtant, il lui reconnaît un caractère " un peu lunaire " et une faculté typiquement autistique à " mettre en relation des choses qui n'ont aucun rapport entre elles ".

D'ailleurs, l'informatique est l'un des domaines où les Asperger s'épanouissent le mieux. Ils ne seraient pas loin de constituer la moitié des ingénieurs de la Silicon Valley pour le docteur Tony Attwood, l'un des spécialistes du syndrome. Hans Asperger lui-même était intimement persuadé du caractère autistique de beaucoup de personnages géniaux, déclarant un jour : " Il semble que pour être brillant en science ou en art, une touche d'autisme soit essentielle."


ASPERANSA : Association pour la Sensibilisation à la Protection, l’Éducation et la Recherche sur l’Autisme, et Notamment le Syndrome d’Asperger :

http://www.asperansa.org/


Le site de Gilles Tréhin :: http://urvillecity.free.fr


Le site de Data : http://membres.lycos.fr/theandroiddata/


Le site de Damien Eschbach : http://www.damien-eschbach.com


Le site de Cécile : http://web.telia.com/~u31231180/liens0.htm


Surdouance v/s autisme selon les autistes : extrait du forum du site de SATEDI

http://forum.satedi.org/viewtopic.php?t=140&sid=c47c83e4f08321f8d41f416dc0b320a4


Site sur les " autistes savants " (en anglais)

http://www.wisconsinmedicalsociety.org/savant/default.cfm


Site d'Autisme-France : http://autisme.france.free.fr/docs/c6.htm


Site Asperger-France : http://perso.wanadoo.fr/asperweb/


Site de Paul Tréhin : de l'autisme à l'origine de l'art : http://pagesperso.laposte.net/autismeprehistoire/accueil.html


Article : La mémoire de surface des autistes

Une étrange déficience qui produit des habiletés phénoménales.

Laurent Mottron et Sylvie Belleville ont mis en lumière une habileté d'apprentissage particulière chez les autistes qui les amène à retenir les particularités plutôt que la globalité des choses.

Texte de l'article : http://www.forum.umontreal.ca/numeros/1998-1999/forum99-03-22/article02.html


Livre : Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit ( Mark Haddon ) - NIL

Extrait de la présentation de Lire.fr

( Version intégrale sur http://www.lire.fr/critique.asp/idC=47056/idTC=3/idR=217/idG=4 )

Christopher John Francis Boone a «15 ans, 3 mois et 2 jours» et connaît «tous les pays du monde avec leurs capitales et tous les nombres premiers jusqu'à 7 507»! Il aime les voitures et les aliments rouges, Toby, son rat apprivoisé, les horaires, parce qu'ils permettent de «savoir quand les choses vont arriver», et les mathématiques, parce qu'elles sont «sans danger». Il n'aime pas le jaune et le brun, les aliments qui se touchent dans une assiette, parler à des inconnus et les histoires drôles, parce qu'il ne les comprend pas. Christopher est surdoué et autiste - même si l'auteur se garde bien d'utiliser ces deux adjectifs - et vit seul avec son père dans une petite ville anglaise où il ne se passe jamais rien. Enfin presque... Car la vie de notre ado va être bouleversée par un bizarre incident. Un matin, il retrouve le chien de Mrs Shears, la voisine, mort, une fourche plantée dans le ventre. Christopher ne crie pas, ne pleure pas. Il caresse le chien, se demande qui l'a tué et pourquoi. La palette émotive du garçon est en effet très réduite. Seule la colère semble avoir droit de cité dans son étrange paysage mental. Elle est le moteur qui l'incite à chercher une solution à tout ce qui peut déranger la mécanique parfaitement réglée de son existence. Une mécanique essentielle, vitale. Christopher ne peut vivre sans une compréhension cartésienne absolue du monde qui l'entoure. Tout ce qui tend à nuancer - pire, à transformer - le réel tel qu'il l'appréhende est une menace. Ainsi des romans qu'il exècre: «Ils racontent des mensonges sur des choses qui ne se sont pas passées, alors ça me fait tourner la tête et ça me fait peur.» Le jeune garçon va pourtant se mettre à écrire une histoire, mais une histoire vraie. Pour lui, l'assassinat du chien ne peut demeurer un mystère. Non pour quelque raison morale, mais parce qu'il trouble l'ordre des choses. Fort de la lecture du Chien des Baskerville - la seule fiction qui trouve grâce à ses yeux, parce qu'il admire la logique implacable de Sherlock Holmes -, Christopher se lance dans une enquête dont il consigne chaque détail dans un journal découpé comme un livre. Les chapitres sont exclusivement numérotés avec des nombres premiers - le deuxième chapitre précède le troisième qui précède le cinquième qui précède le septième, etc.! Quant à l'histoire, elle est ponctuée de croquis, de plans, de dessins, voire d'équations! Et c'est bien là le tour de force de Mark Haddon. Insolite tant dans le propos que dans la structure, son roman n'est jamais abrupt. Plus qu'aisée, la lecture est captivante. Sans doute parce que la langue de Christopher, le narrateur, est à son image: simple, carrée. Quand les «gens normaux» usent et abusent de la métaphore ou de l'euphémisme et manipulent le langage, le jeune garçon utilise le mot juste, taillé au cordeau. La langue est un outil pour décrire une réalité précise, qu'il est d'ailleurs souvent le seul à voir. Avec Sherlock Holmes, auteur de cette phrase dont il se repaît à l'envi: «Le monde est plein de choses évidentes que personne ne remarque jamais.» Christopher observe sans interpréter. Il pose sur les êtres et les choses un regard impassible, dénué de toute velléité digressive. Ce pragmatisme obsessionnel va se révéler extrêmement efficace. En enquêtant sur la mort du chien, le garçon découvre un secret familial qui déroge totalement à son sens de l'ordre. Et c'est finalement lui, l' «anormal», qui va remettre sur les bons rails le monde des «normaux».

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